J’aime la verticalité

Je crois que l’autorité est un des ingrédients qui me rendent la coopération joyeuse.

Je discutais ce matin avec une équipe d’encadrement qui évite le management hiérarchique après avoir constaté ses excès. Elle fait face à un dilemme de l’exercice du pouvoir qu’elle exprime ainsi : « Comment prendre soin des gens sans se faire bouffer ? Comment avancer suffisamment vite sans tomber dans le piège du faux participatif ? ».

La complexité

Il est vrai qu’en présentant une décision et en écoutant les réactions des personnes, on reçoit le positif de celles qui apprécient l’évolution proposée. On reçoit également toutes les pensées qui rejettent l’idée. Et on reçoit aussi les émotions de frustration, de colère, de peur, etc. Prendre soin des autres à ce moment s’emmêle vite avec revenir sur la décision, ce qui peut être pertinent mais pas toujours.

La fausse solution

Les outils d’intelligence collective sont parfois utilisés alors que le management sait déjà ce qu’il faudrait faire, ou ce qu’il voudrait faire. Cela crée un management participatif dont personne n’est dupe, qui a le mérite de présenter la décision en douceur, mais qui est souvent pris comme une manipulation grossière et désagréable.

L’apprentissage

J’aime quand les deux dimensions sont assumées avec leurs limites. Prendre soin des gens ne signifie pas leur donner le pouvoir. C’est délicat mais assez simple avec un peu de technique. Will Schutz qui a écrit sur la compatibilité et la performance des équipes a proposé ceci : dans une décision, mobiliser les personnes légitimes pour prendre la décision, (celles dont c’est le rôle), les personnes compétentes, et les personnes impactées. Il y a ensuite plusieurs méthodes, donnant plus ou moins de pouvoir aux personnes.

Une solution

Voici celle retenue par l’équipe d’encadrement en question :

✌️L’équipe qui a le rôle de décider choisit les personnes à mobiliser dans la décision et éventuellement un délai de décision.
✌️Des moments (formels ou pas) permettent de réfléchir ensemble.
✌️L’équipe décideuse fait une première proposition.
✌️Elle écoute les réactions, réfléchit avec les autres pour améliorer sa solution.
✌️Elle refait une proposition, re-écoute les réactions. Plusieurs fois si elle cela lui semble pertinent.

✌️Enfin, elle pose une décision et avance.
✌️Si la décision s’avère trop difficile à mette en œuvre, elle la reprendra.

Sortir du dilemme : 

Ce n’est pas parce que j’ai la bonne solution que j’assure et que je prends soin des personnes, c’est parce que nous avons cette méthode claire que nous sommes solides.
la bascule psychologique est de mettre sa sécurité interne dans le fait de construire une proposition petit à petit, en essais-apprentissages, en restant connecté à la réalité et aux personnes.

Et vous ?

Comment se prennent les décisions dans vos équipes ? Comment prenez-vous les vôtres ? Avez-vous envie de changer quelque chose ?

Rose Christin