J’aime prendre soin des gens

Gestuelle facilitation

Et pour tout dire, ce n’est pas facile pour moi tous les jours. Je suis réactive, mon ton n’est pas doux, il m’arrive de heurter des gens, plus souvent que je n’aimerais.

Quand faire de son mieux n’est pas assez 

Je fais de mon mieux, j’ai travaillé mon empathie, j’ai appris à relationner avec amour en essayant d’apporter aux autres et à moi ce qui est bénéfique.

Les signes de reconnaissance bénéfiques…

Dans le monde professionnel, j’ai découvert comment donner des « signes de reconnaissance positif », J’ai adoré cette pratique à une époque. On m’avait expliqué comme les humains ont besoin d’être vus comme quelqu’un de bien par les autres. C’est gratuit, je me suis incitée à le faire. Et c’est vrai que c’est agréable à dire, agréable à entendre, en un mot bénéfique.

… jusqu’à l’overdose 

Je dis à une époque parce qu’aujourd’hui je me méfie de cette culture des retours positifs😊. Cela a trop produit d’attentes dans les groupes auxquels j’ai contribué. Une exigence d’entendre que nous sommes des « gens biens » : importants, capables, digne d’amour. Et avec elle une tolérance trop basse à la critique.

Estime de soi fragile

J’ai aussi pu voir que la positivité ne produit pas l’estime de soi solide qu’elle est censée créer. Au contraire, une addiction existe, d’entendre que son chef nous apprécie. Je l’ai éprouvée, parfois avec surprise, dès que j’étais dans des organisations hiérarchiques, jusqu’à un âge très (trop ?) mature

Exigences

Finalement le besoin d’être vu comme quelqu’un de bien devient parfois hégémonique. Il prend tellement de place qu’être adulte devient difficile, compte tenu des remises en question que cela implique.

Assumer être adulte

Pourtant notre époque nécessite des remises en question vertigineuses : nos façons de vivre nous emmènent dans le mur, en détruisant nos conditions de vie et la « santé commune » : celle des humains, des animaux, des végétaux et de tout l’environnement. Tant que nous aurons besoin d’entendre que nous sommes « des gens bien », nous ne serons pas capables de cette lucidité ni des changements que la situation exige de nous. C’est vrai au niveau planétaire, et je l’observe à tous les niveaux, dans toutes les relations : professionnelles, personnelles, familiales, amicales…

La joie d’apprendre

Il suffit d’une bascule intellectuelle pour mieux vivre les remises en question : plutôt que de vouloir être des gens « bien » à tout instant, assumer que toutes nos actions ne sont pas satisfaisantes. Tendre vers des comportements sains en modifiant ce qui doit l’être est suffisant. Une mystérieuse boussole intérieure nous pousse à mieux faire, la suivre est satisfaisant en soi. En gros, apprécier d’être quelqu’un qui se remet en question et change.

Consentement et amour

Si la joie d’apprendre est une bonne ligne directrice pour certaines ou certains, elle n’a pas à être imposée à qui que ce soit. A nous de présenter les choses le plus délicatement possible quand quelqu’un n’a pas envie de recevoir de retour négatif. Ne pas dépasser sa limite de consentement, accepter de garder ce qu’il est possible pour soi, en accueillant l’autre tel qu’il est, avec amour.
L’amour, le meilleur outil de « prendre soin » que je connaisse, même si je suis loin d’être un modèle en pratique.

Et si c’était le bon cap ?

S’accueillir soi et l’autre avec amour nous mènera peut-être à apprendre à aimer le reste du monde de manière saine.
Alors je vais continuer à tendre vers les comportements que je souhaite… pour le plus grand soulagement de celles et ceux qui me côtoient 🤗

😊🌹💕
Rose Christin